En février dernier, Santé Canada a autorisé la vente d’ADCETRIS,

Les remarquables propriétés anticancéreuses d’ADCETRIS ont un prix, et un gros

En février dernier, Santé Canada a autorisé la vente d’ADCETRIS, un médicament innovant. Malheureusement, les patients atteints du lymphome de Hodgkin ne peuvent pas tous bénéficier de ses propriétés anticancéreuses, puisque le médicament n’est pas encore officiellement couvert dans toutes les provinces.

Dre Bence-Bruckler est hématooncologue et professeure agréée à la faculté de médecine de l’Hôpital général d’Ottawa. « C’est très frustrant […] de savoir qu’il existe un traitement qui prolongerait potentiellement une vie, mais qu’il n’est pas couvert partout. »

Le coût total du traitement s’élève à environ 100 000 $, mais la plupart des assureurs privés ne le couvrent pas, arguant que le médicament devrait être subventionné par l’État.

Quoi qu’il en soit, ce médicament est innovant en ceci qu’il contient un anticorps qui peut détruire spécifiquement les cellules cancéreuses (cellules d’expression de CD30). « La chimiothérapie, pour sa part […] cible diverses cellules du corps, ce qui explique que les gens perdent leurs cheveux, souffrent d’infertilité ou de maladies auto-immunes ».

ADCETRIS a reçu une approbation de mise en marché accélérée en août 2011, de la FDA aux États-Unis (Food and Drug Administration), et a obtenu une approbation conditionnelle de mise en marché de la Commission européenne en octobre 2012. 

Il a été autorisé en se fondant sur les taux de réponse prometteurs révélés dans le cadre d’essais sur un seul groupe. Toutefois, plusieurs patients attendent toujours la décision au sujet du financement. « Il y a décalage entre l’approbation d’un médicament par Santé Canada et le financement par certaines provinces, qui fonctionnent au cas par cas », explique Sue Robson, directrice administrative de Lymphome Canada.

La recherche de nouveaux médicaments commence lorsque les chercheurs travaillent au développement de substances chimiques ou biologiques. Selon Santé Canada, la nouvelle substance est examinée par le personnel scientifique de la Direction des produits thérapeutiques (DPT). À la suite de nombreux tests et la validation des hypothèses sur les cultures tissulaires ou les petits animaux, une compagnie effectue une demande d’autorisation auprès de la DPT, afin de mener une étude clinique. Si les essais cliniques révèlent que la valeur médicale du médicament l’emporte sur les risques que comporte son utilisation, la compagnie pourra décider de soumettre une Présentation de drogue nouvelle à la DPT.

« Le processus est très long », admet Bence-Bruckler.

Une fois la présentation évaluée, Santé Canada décidera si le médicament recevra ou non son autorisation. Chaque province évalue ensuite si le médicament sera subventionné ou pas. Lymphome Canada, en collaboration avec de nombreux partenaires communautaires, tente de faire valoir l’impact qu’aurait ce médicament sur l’ensemble des patients canadiens atteints de la maladie de Hodgkin, et la raison pour laquelle le financement est essentiel. Pour plusieurs, il s’agit de leur dernier espoir; il est difficile d’accepter que la vie ou la mort d’un patient repose sur une question de financement.