Sur mon dernier blogue, je vous ai parlé de mon appréhension à l’approche des prochains concerts de Noël de ma chorale de gospel.

par Robin Harry

Sur mon dernier blogue, je vous ai parlé de mon appréhension à l’approche des prochains concerts de Noël de ma chorale de gospel. J’étais entre autres préoccupée par ma voix et je craignais de rencontrer les gens. Nous avons donné trois concerts : samedi soir, dimanche après-midi et dimanche soir. Comment cela s’est-il passé?

Un week-end incroyable, génial, stimulant, une véritable bénédiction. La musique était magnifique, le chœur, excellent, et j’ai eu énormément de plaisir. La présence de Dieu était presque palpable durant le concert, et je me réjouis d’y avoir participé. J’ai chanté à pleins poumons avec un groupe de personnes que j’aime beaucoup – je me suis sentie tout à fait privilégiée. Et pour couronner le tout, ma famille était là. Mon frère et ma mère m’ont fait la surprise de venir. J’ai du mal à imaginer ce qu’ils ont ressenti en me voyant sur scène sachant ce que j’avais vécu et à quel point la dernière année avait été pénible pour nous tous. L’expérience a été absolument merveilleuse. Jusqu’à hier, je n’avais pas encore réalisé à quel point la chorale me manquait. Et, je m’en suis plutôt bien tirée (du moins, c’est ce que je crois…).

Même si tout s’est bien passé, mon anxiété par rapport à l’événement n’était pas tout à fait injustifiée. J’ai dû parler à la famille et aux amies d’une amie décédée, ce que j’ai trouvé très difficile. J’en ai d’ailleurs glissé un mot à l’une d’elles qui a été très aimable et m’a immédiatement mise à l’aise; je lui en suis très reconnaissante. Puis, les gens ne savent pas du tout quoi dire aux survivants du cancer, et Dieu sait que je les comprends; je serais pareille. Mis à part cela, les gens ont été tellement sincères et aimables avec moi. J’en ai été très touchée. J’ai aussi beaucoup aimé qu’on me dise à plusieurs reprises à quel point j’avais l’air en forme. Je ne refuse jamais les compliments.

Le moment le plus difficile a été ma rencontre avec deux personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps et qui ont fait comme si de rien n’était…non pas parce qu’elles n’étaient pas au courant de ma maladie (elles l’étaient). Un comportement que j’ai trouvé incompréhensible; c’est très étrange. Il y a des gens bizarres. À bien y penser, je ne sais pas pourquoi je m’attendais à autre chose, mais j’ai tout de même été surprise. C’est pourtant simple; j’avais un cancer, maintenant je ne l’ai plus (Dieu merci), mais je ne peux pas le reléguer aux oubliettes parce qu’il rend certaines personnes mal à l’aise. Avant ces rencontres, j’avais tellement peur de ne pas savoir quoi dire…mais quelque chose s’est produit en moi au cours de ce week-end. J’ai fait de mon mieux. À l’avenir, je ne dirai plus un traître mot.

L’émotion a été par moments insoutenable, et j’ai évité la foule quand je n’en pouvais plus. Dimanche après-midi, en entonnant un cantique, je n’ai pas réussi à finir la première strophe. Je sanglotais SUR SCÈNE comme une folle, et heureusement j’étais dans la rangée arrière. C’était le genre de sanglots qui vous déforment le visage, vous couvrent de sueurs et vous font perdre toute contenance. Vous voyez le genre? Des sanglots moches. En fait, je ne me souviens pas d’avoir autant pleuré et jamais à ce point quand j’avais le cancer. Quel gâchis! C’était comme si je pleurais devant Dieu pour toutes sorte de raisons. Je versais des larmes de soulagement et de gratitude parce que j’étais encore en vie et que j’avais la force de chanter à nouveau. Je pleurais de tristesse pour ce que j’avais perdu en me remémorant à quel point l’expérience avait été difficile et la route longue à parcourir. Je pleurais de reconnaissance envers toutes les personnes qui se souciaient de moi. J’ai d’ailleurs bien des raisons d’être reconnaissante et de rendre grâce à Dieu.

Bref, tel a été mon week-end, et je vis encore quelques relents d’euphorie.

Mais passons à autre chose. J’ai été aujourd’hui à l’un de mes rendez-vous de suivi. À part une légère carence en fer, tout va bien. Je vais sauter à autre étape – celle des suivis tous les six mois. Si Dieu le veut, je n’aurai pas à revoir de médecins avant le mois de juin 2013.