Incroyable! Cela fait un mois que je n’ai rien écrit. J’ai été occupée, mais dans le bon sens du terme.

par Robin Harry

Incroyable! Cela fait un mois que je n’ai rien écrit. J’ai été occupée, mais dans le bon sens du terme. À présent, avec le changement de saison, le temps est venu de vous donner un bref aperçu de mon été, et je peux vous dire honnêtement que ce fut l’un des meilleurs que je n’ai jamais eus.

En général, mes étés sont plutôt monotones, et c’est en grande partie de ma faute. Avant d’avoir le cancer, je passais à peu près tous mes étés à faire la même chose – travailler, travailler – sans avoir d’autres activités différentes ou amusantes. L’été 2011 n’a pas été comme les autres, mais nous savons tous pourquoi. Il a été marqué par mes périodes de rétablissement après une biopsie, par mes traitements de chimiothérapie par voie intraveineuse dans une salle d’hôpital et par mes séjours au lit où je m’étais volontairement l’isolée. J’agitais mon éventail pour me soulager des bouffées de chaleur tout en protégeant mon crâne chauve du soleil. L’été qui vient de se terminer a été fort différent et, à noter, que ce n’aurait probablement pas été le cas si je n’avais pas eu le cancer.

Il est vrai que la saison avait plutôt mal démarré. Je ressentais la pression exercée par l’obligation de redémarrer ma vie et de me fixer des objectifs, à laquelle s’ajoutait l’isolement alors que je tentais de m’en sortir par moi-même. J’étais oppressée. Le moment décisif de l’été a été la retraite, à la mi-juillet, de Young Adult Cancer Canada, où j’ai eu l’occasion de discuter de tout ce qui me préoccupait avec des gens qui comprenaient ma situation et qui m’acceptaient telle que j’étais. J’ai été soudain soulagée de ce poids et, une fois libérée, j’ai pu non seulement jouir des plaisirs de l’été, mais aussi tirer le meilleur parti de ma situation et des occasions qui se présentaient à moi. Mes amis, j’en ai profité! Et voici ce que j’ai fait cet été :

J’ai vu Coldplay en concert, où j’ai pleuré comme une enfant en écoutant Paradise et Fix You.
J’ai été seule au cinéma voir L’ascension du chevalier noir, car j’en avais envie et j’en étais capable.
Je me suis fait de nouveaux amis à YACC. Nous avons organisé des pique-niques et des barbecues dans le parc, assisté à des spectacles solos (à ne pas manquer : Cancer Can’t Dance Like This) et nous avons dansé dans un bar au son de la musique folk de la côte est.
J’ai revu l’une de mes meilleures amies qui m’a rendu visite de la Californie et j’ai été au baptême de sa fille.
J’ai organisé des week-ends cinéma dans ma chambre, uniquement pour moi, et mangé du maïs soufflé salé et sucré.
J’ai été au centre-ville voir mes collègues et des centaines d’autres personnes qui avaient revêtu un costume de banane et peinturaient les rues de Toronto en jaune tout en faisant la tournée des bars.
J’ai renoué avec l’une de mes meilleures amies de mon école secondaire canadienne.
J’ai été au cinéma avec ma famille voir Les Sacrifiés 2 : De retour au combat (mes proches sont moins portés vers Meryl Streep, mais ils adorent Van Damme et Chuck Norris).
J’ai pris l’autobus pour Montréal, où je suis restée une nuit pour assister au World Cancer Congress avec d’autres amis, dont j’avais fait la connaissance en fréquentant les milieux de personnes touchées par le cancer.
J’ai repassé une audition pour chanter dans mon chœur de gospel. Je recommence à chanter à la gloire de Dieu!
J’ai été à Chicago pour y travailler durant 3 jours et j’y ai vu l’une de mes meilleures amies.
Je suis retournée à Kitchener voir un spectacle d’improvisation avec mes humoristes préférés – et même si je n’ai pas revu Jeff Davis (vous vous souvenez de ce type?), il m’a envoyé un « shout-out » sur Twitter (c’est un amour!).
J’ai vu Corey Hart, un de mes chanteurs /compositeurs préférés, qui s’est produit sur scène à l’occasion d’une soirée de danse rétro.

Tout ça ne représente peut-être pas grand-chose ou n’est peut-être pas très intéressant, mais pour moi, c’est énorme. Au cours des étés précédents, je me serais contentée de passer mes week-ends terrée dans ma chambre à m’ennuyer à mourir, refusant de modifier ma routine. Avoir le cancer change la vie. Il permet de mieux comprendre l’importance du quotidien et du fait omniprésent que dans la vie rien n’est acquis. J’ai ressenti un sentiment de gratitude envers Dieu qui m’a accordé une deuxième chance et le courage d’essayer différentes choses. J’ai aussi repris confiance en moi et en la vie qui me permet d’aimer les choses que je fais parce que j’ai choisi de les faire. Bref, j’ai adoré mon été.

Qu’y a-t-il au programme cet automne? Je commence mes cours de natation.