Ma dernière journée de chimiothérapie approche à grands pas! Ce jeudi, ce sera la 6e chimio, la dernière, puis R-CHOP sera enfin, je l’espère, chose du passé.

par Robin Harry

Ma dernière journée de chimiothérapie approche à grands pas! Ce jeudi, ce sera la 6e chimio, la dernière, puis R-CHOP sera enfin, je l’espère, chose du passé. J’essaie de ne pas me faire trop d’idées… je ne veux pas faire de l’anticipation, au cas où quelque chose ne tournerait pas rond, comme si mon analyse sanguine n’est pas belle, ou que j’attrape un rhume, ou pire encore! Je dois toutefois dire que je serai ravie quand cette journée sera enfin passée! C’est allé comme sur des roulettes jusqu’ici, mais je suis prête à laisser tomber les médicaments. J’en ai plus qu’assez d’être malade (et fatiguée).

Bien de mes proches sont contents que ma dernière journée approche, et plusieurs d’entre eux sont convaincus que la fin approche aussi. « Tu as presque fini!! », j’entends autour de moi. L’ennui, c’est que j’ai presque terminé la CHIMIO. Mais je suis encore loin d’être sortie du bois avec cette histoire de cancer. Vivre avec le cancer ne se limite pas à la période des traitements.

En fait, bien au contraire, ce n’est pas fini. J’ai encore de la radiothérapie de prévue jusqu’à après la chimio. J’ai reçu la consigne de communiquer avec ma radiooncologue le jour même de la fin de mes traitements de chimio pour planifier les séances de radio. Il n’y a donc pas de temps mort entre les deux. Si tout va comme prévu, j’aurai probablement terminé les traitements à la fin de l’année, pour Noël. Mais la radiothérapie vient avec sa propre panoplie de joyeux effets secondaires, et bien qu’elle ne soit possiblement pas aussi limitative que la chimiothérapie, elle posera assurément ses propres défis.

De façon réaliste, admettons que j’ai terminé les traitements, et que la maladie ait disparue, je n’en aurai pas encore fini avec le cancer. Devant moi se profilent des années de rendez-vous chez le médecin, de tomodensitogrammes et d’analyses sanguines. Même le mot « rémission » a une connotation temporaire. Le lymphome est l’un de ces cancers haïssables qui ne donnent jamais la satisfaction de leur absence, si bien que chaque fois que je souffrirai d’une toux, d’une douleur quelconque, que j’aurai le nez qui coule, ou que je ferai de l’insomnie, chaque fois que j’éprouverai un petit malaise, ne serait-ce que passager, je serai toujours un peu nerveuse. L’éventualité que les effets secondaires perdurent est réelle. La neuropathie légère dans mes doigts sera peut-être toujours là, la ménopause ne me quittera peut-être plus, et je souffrirai peut-être d’infertilité, etc.

Comme je l’ai avoué à une amie, la perspective de « la vie après le cancer » est légèrement troublante. À la suite d’une demi-année de diagnostic, de traitements, puis probablement après les mois qui seront nécessaires à mon rétablissement physique, inévitables après l’assaut combiné du cancer, de la chimio et de la radio, à quoi est sensée ressembler la vie, au juste? Ce sera déjà tout un défi de reprendre une vie relativement normale, après avoir vécu six mois où tout devient imprévisible sur les plans physique, professionnel et social. Et comment au monde vais-je m’en sortir sans temps libre pour m’administrer d’intensives doses télévisées de Nathan Fillion? (ne me jugez pas, elles sont importantes…)

Donc bien que j’aie très hâte d’avoir terminé le traitement, et d’être passée à travers le plus dur, je dois dire que je ne suis pas encore tout à fait prête à annoncer que je suis près du fil d’arrivée. Je ne sais même pas s’il y a un fil d’arrivée. Par contre, je n’ai pas besoin d’un fil d’arrivée pour continuer à courir.